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Archive pour la catégorie ‘Elucubrations’

postheadericon Décès de J.D. Salinger : l’attrape-coeurs a cessé de battre.

L'attrape-coeurs

L'ermite de génie Jérome David Salinger, mort mercredi ( avant-hier, le 27 janvier 2010. ndrl ) à l'âge de 91 ans, était devenu célèbre en 1951, dès la parution de "L'Attrape-coeurs", l'un des 25 best-sellers de la littérature américaine et vivait en reclus depuis des décennies. Malgré l'énorme succès de ce roman sur la révolte d'un adolescent, Salinger n'avait plus rien publié depuis 1965 et n'avait accordé aucun entretien à la presse ces 30 dernières années. Auteur fétiche de la génération de l'après-guerre, Salinger s'était senti traqué par la célébrité après le succès de ses cinq recueils de nouvelles ("L'Attrape-coeurs", "Franny et Zooey", "Dressez haut la poutre maîtresse charpentiers", "Seymour: une introduction", "Pour Esmé"). Dès les années 1960, il s'était réfugié dans son chalet de bois de Cornish, perché sur une colline du New Hampshire (nord-est). Après la publication de sa dernière nouvelle dans le New Yorker, en 1965, le romancier s'était entouré d'un silence presque mystique de 45 ans. LIRE LA SUITE »

postheadericon Tous mes meilleurs voeux 2010 !

voeux_partenaires
Voeux 2010

Après cette année 2009, que je qualifierai de bancale à défaut de bancaire, je ne m'amuserai pas à chercher dans ma bourse le crédit de trop de mots inutiles pour juste espérer, à chacun de ceux qui me liront, une année 2010 un peu plus agréable et sereine que la défunte tumultueuse.

postheadericon Thierry Henry : la main invisible du marché de dupes

Parle à ma main - Crédit photos : Ludovic Charbonneau

Cachez donc cette main que je ne saurais voir. Voilà à quoi me fait penser la ritournelle médiatico-populaire que j'entends depuis ce fameux mercredi 18 novembre 2009, au soir de ce jour où s'est joué devant une foule de spectateurs, cet acte d'une dramaturgie ordinaire.

Thierry Henry, joueur de football et capitaine de l'équipe de France a contrôlé le ballon de la main pour offrir le but de la victoire. Et la France se qualifie pour le graal, la coupe du monde de football 2010.

Le décor est planté. Mais s'en est suivi, depuis, des rafales de réactions, de bombardements de justifications, à la télé, sur les ondes de radio, sur internet avec ses blogs et ses forums. Dès lors de quoi s'agit-il exactement ? Thierry Henry est-il un salaud ou un héros ? Est-il un mécréant ou un seigneur ? Doit-on opter pour la lapidation ou le piédestal?

Je pense qu'il n'est réellement question en rien de tout cela. Et que ce joueur n'est devenu rien d'autre que le symbole d'une époque, qui se refuse de voir mis en lumière ce qu'elle fait à longueur de temps : tricher. La triche, ce phénomène qui semblait être un art fut un temps et appliqué artisanalement par des personnages presque romanesques, s'est installé dans le comportement jusqu'à devenir industriel, institué, accepté, voire même loué comme une qualité. Faisant éclater certaines valeurs pour mieux les retourner, arrivant à faire passer pour archaïque l'honnêteté, et moderne la fraude. Nous avons même eu le droit au couplet de supporters : "ok il a marqué de la main, il a triché, mais s'il l'avait dit à l'arbitre, il aurait été vraiment con". Il est donc admis qu'aujourd'hui, quelqu'un faisant acte d'intégrité, en reconnaissant avoir commis une erreur, est un con. Il suffit d'aller lire les forums de foot pour lire ce genre de raisonnements et comprendre le mien. Il est hors de question de me positionner sur un jugement moral, j'analyse et ne fais que le constat d'une acceptation de la triche. D'un petit arrangement avec les événements pour qu'il réponde à notre demande. Or, ce dont il s'agit avec cette action, qu'un temps aurait jugé comme déloyal, n'est pas la cause d'un tout mais en est la conséquence, le révélateur.

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postheadericon Quel est le rôle de l’artiste

Sisyphe par Franz von Stuck, 1920

Cette question est, me semble-t-il, subjective à chacune de nos particularités et ce que l'on attend en se plongeant dans une œuvre d'art. Cela étant, la question en elle-même reste des plus intéressantes. J'avoue me la poser encore, de temps à autre, et cela a la vérité de signifier que je n'ai pas de réponses définitives ; ou de constater mon esprit pas encore étreint de certitude quant à cette réflexion.

D'ailleurs quiconque apprécie et visite les œuvres d'art de notre univers culturel se la pose. Peut-être pas en ces termes directs, mais également indirectement.

En effet il serait plus courant de s'interroger sur l'œuvre d'un artiste, que sur l'artiste lui-même. Or remettre en question, en doute, l'œuvre d'un artiste, ne reviendrait-il pas au même que de remettre en doute l'artiste lui-même ?

Ne faisons-nous pas, tous à notre niveau, les choses par rapport à ce que nous sommes et devenons ?

Sur ce sujet il a été mis à ma connaissance, grâce à un ami amoureux de littérature, un texte écrit par un écrivain pour le moins lumineux et élégant. Cet écrivain n'est autre qu'Albert Camus, et son texte est en fait le "Discours de Suède". Ce discours fut énoncé en 1957, le 10 décembre pour être précis, lors de la remise du Prix Nobel de Littérature à son endroit.

La réception de cette distinction fut, en ce moment solennel et honorant l'ensemble de son œuvre, pour Albert Camus une belle occasion de définir sa conception de l'Art, et dessiner ainsi sa vision du rôle de l'artiste dans notre société.

Et ce, à peine plus de deux ans avant son décès. Je vous livre un extrait de ce discours, où est exalté le cœur même de ce sujet :

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